Pacte des mi-putes mi-soumises

Les mi-putes mi-soumises reconnaissent comme principe premier le féminisme post-moderne. Produit du féminisme tel que théorisé dans les années 60, le féminisme post-moderne se propose de le réformer. Car, la manière dont nous gérons nos relations avec les hommes le prouve : l'esprit d'indépendance qui devrait nous animer vis-à-vis des individus masculins n'est en aucun cas achevé. Et, si nous voulons être honnêtes, nous n'en avons aucune envie. C'est pourquoi nous proposons une philosophie radicalement différente. Nous sommes mi-putes, parce que nous l'assumons. Mi-soumises parce que nous le regrettons. Et vice versa. C'est triste, mais c'est comme ça. Alors.... autant en profiter. Vous êtes cordialement invitées à partager vos expériences de mi-putes mi-soumises avec nous. Soeurellement, Les mi-putes mi-soumises

lundi 19 janvier 2009

Maladies d'amour


J’ai une copine qui est vaccinée.
Cela fait 10 ans que c’est toujours la même histoire, chaque année ma copine attrape une bonne grosse déception amoureuse. Alors cette année, elle a décidé de se vacciner. Tremblements, larmes, insomnies, nœuds dans l’estomac, cris, pleurs, nez qui coule, voix qui flanche, ma copine a décidé d’en finir avec ces terribles symptômes qui lui pourrissent la vie à chaque petite rechute. Elle sait que ces microbes sont souvent très contagieux, et qu’en fonction des saisons, les épidémies peuvent être ravageuses. Mais ça n’est pas si facile que ça de se faire vacciner, et les grosses aiguilles font plutôt peur à ma copine. Elle a quand même décidé de s’infliger une dose de distance, une ampoule d’indifférence et un flacon de raison. On ajoute une pincée fierté et d’amour propre, deux ou trois patiences par semaine et la voilà parée à affronter les méchants virus de l’amour. Romance, fièvre et passion n’ont qu’a bien se tenir, elles ne passeront pas par ma copine cette année. Aidée par ses comprimés, elle lutte et combat tous les signes avant-coureurs de l’infection : terminés textos et appels illimités, démolies rêveries et attentes passionnées, désinfectés les sourires béats et battements de cils non contrôlés. Cette année sera aseptisée.
Une petite voix lui rappelle pourtant un sage conseil : les antibiotiques, c’est comme les histoires romantiques : si on en prend trop, on devient accro.

jeudi 25 décembre 2008

Youyou et youyoute, le concept


J'ai une copine qui vit en couple. Attention, elle ne vit pas "avec son mec". Non. Elle vit "en couple", comme une identité désormais inséparable de son être. Elle l'a réalisé le jour où son mec lui a demandé ce qu'elle voulait pour Noël. Une idée toute à fait étrange lui est montée au cerveau : "Tiens, une belle plante entre le canapé et le fauteuil dans le salon, ça ferait bien." Une plante verte... Ma copine, elle aurait besoin d'habits, de nouvelles chaussures, d'un bon bouquin ou de la lingerie sexy. Mais, non. La première idée qu'elle a eu c'est une plante verte...
Lorsqu'elle était encore célibataire endurcie, qu'elle prônait le one night stand et les soirées entre copines, elle détestait les bébés couple. C'était un concept qui s'appelait les "Youyou et Youyoute" : "Youyouuuuu tu me passes le sel?" "Youyoute, tu vas acheter les croissants? c'est moi qui l'ai fait hier ma Youyoute..." Et il ne manquait plus que le chat ou le labrador au tableau pour lui donner envie de vomir. Et bien, après cette idée de plante verte, elle se demande si ce n'est pas le début de la fin.
Au début, elle essayait encore de contrôler ses pulsions. Epluchant des pommes de terre dans la cuisine, elle avait refusé de venir si le miroir qu'il accrochait dans la salle à manger était mieux sur le mur du fond, ou sur le mur de côté. C'était déjà trop pour elle d'éplucher des pommes de terre. Célibataire, un sachet de riz cuisson rapide et au lit. Maintenant il faut même trouver des recettes originales pour que Bibi puisse dire à ses copains que Youyoute est un cordon bleu.
Mais aujourd'hui, elle craint que le concept l'ait enviahie. Elle s'insurge lorsuqu'il décide de sortir sans elle. Parce qu'après tout, c'est avec ELLE qu'il a choisi de vivre. Pas avec ses potes. Alors pour controler ses pulsions, et prétendre qu'elle est encore une femme forte et indépendante, elle a décidé de reprendre mi-putes mi-soumises. Et ça fait du bien.

lundi 20 octobre 2008

Une grande fille...


J’ai une copine qui grandit.
Elle vient de fêter son anniversaire. Et en même temps, elle en a profité pour fêter une nouvelle vie. Depuis plusieurs années, elle avait choisi de grandir dans sa tête, et de mûrir un rêve qui, au fil du temps, est devenu une passion, puis un projet. Aujourd’hui elle a fait le grand saut, du haut de ses 24 ans, pour aller concrétiser sa passion, son rêve et son amour pour le continent le plus beau et le plus triste du monde à la fois.
Ça fait beaucoup de changements d’un coup de grandir comme ça. Hier, elle était étudiante, dans un 15 mètres carré avec coloc, cafards et panzani cuisson rapide. Elle réparait son cœur des dégâts de premiers amours trop fades, trop longs, trop bêtes. Elle cherchait l’autre, elle se cherchait elle. Elle cherchait sa vraie vie.
Aujourd’hui, elle est toujours aussi passionnée mais elle a trouvé son identité : elle est journaliste et elle vit dans un bel appartement avec celui qu’elle a si longtemps cherché et qu’elle a enfin trouvé. Et du haut de ses 24 ans, elle est allée construire ce qui la rend heureuse.
On ne lui a pas amené son bonheur sur un plateau (en ébène africain). Elle a du abattre plus d’un obstacle : son horreur de l’anglais, sa peur de l’inconnu, ses idéaux amoureux, ses parents précautionneux, et surtout elle a du abattre une sacré dose de travail. Elle, jolie blonde et blanche, élevée au kiri et toujours entourée d’une bande d’amis, elle a choisi d’aller vers tout ce qu’elle ne connaissait pas : la pauvreté, le racisme, la maladie, et la solitude.
Loin des grandes proclamations pour sauver le monde que l’on entend partout mais qu’on ne voit se réaliser nulle part, elle a choisi la place de témoin de son temps, pour rapporter au plus près de nos yeux privilégiés les blessures d’un monde que nous avons peur d’imaginer. Peur de ne pouvoir revenir à nos vies confortables une fois cette terrible réalité touchée des yeux, des doigts, des oreilles et du cœur, comme ça lui est arrivé à elle.
Ma copine a grandi de partout : dans son esprit, son corps, son regard, dans celui de ses parents, dans l’estime de ses collègues et surtout dans le cœur de ses nombreux amis. Elle a grandi de courage aussi, pour partir alors que la fête battait son plein. Parce que le bonheur de ses 24 ans est ailleurs. Là où un nouveau terreau va lui permettre d’ancrer solidement ses racines et de grandir encore.
Alors joyeux anniversaire, car la bonne nouvelle, c’est qu’on ne devient jamais vieux tant que l’on continue de grandir.

samedi 12 juillet 2008

Suite du dernier post

J'ai une copine qui s'est finalement épilée. Vous vous souvenez, rapport au dernier post "qu'est ce que je dois faire?" Eh ben, voila, elle l'a fait. Elle avait même fait son lit, rangé son appart, mis la vaisselle dans l'évier (parce que faut pas exagérer non plus, s'il s'insurge contre quatre assiètes pas lavées, c'est qu'ils n'ont rien à faire ensemble...) Le tout en une demie-heure, parce qu'elle était en retard à son rendez-vous. Elle a sauté dans son jean, trois coups de mascara, et elle a filé... Oubliant l'essentiel...

Comme c'est l'été, qu'elle a les hormones en effervescence, elle a trouvé un homme pour venir défaire son lit et caresser ses douces jambes soigneusement rasées. Une nuit plutôt agréable, avec un homme bien sympathique. Il a tout donné. Tout. Il a donc filé sous la douche pour enlever les perles de sueur qui dégoulinaient sur son corps. Ma copine, elle, s'est effondrée de fatigue, les hormones parfaitement comblées. Quand le charmant jeune homme est venu se réfugier sous la couette, il était devenu étrangement distant. Elle a trouvé ça un peu bizarre, d'autant qu'il avait l'air plutôt sympa. Mais bon, s'il n'aime pas qu'on le colle pendant qu'il dort, pourquoi pas. Après tout, elle n'avait pas eu le courage de prendre une douche, et elle préférait rester sale et seule, que de se fatiguer à aller se laver pour avoir un dernier câlin.
Le lendemain, le reveil sonne et ma copine se dit qu'elle doit vraiment aller prendre une douche à son tour. Et là c'est le drame. Les yeux exorbités qui fixent le plafond, sa pensée ne fait qu'un tour : douche > hier > rasage accéléré > poils > beaucoup trop de poils > filtre > siphon > OH > MY > GOD !! > !!!
Elle avait oublié de rincer la baignoire avant de partir la veille. Et il a du se doucher entre des touffes de poils immondes. Et là, impossible de rattraper le coup. C'était trop tard. Bien trop tard. Car ça ne devait pas l'indisposer de voir quatre assiettes dans l'évier, mais quant à voir ce désastre hygiénique ...
Elle s'est demandé si finalement, elle n'aurait pas du les laisser sur elle...

samedi 28 juin 2008

J'ai une copine qui se demande si elle devrait s'épiler. Dans quelques heures, elle va sortir. Elle sera bientôt imbibée d'alcool et en même temps que sa clairvoyance, elle aura perdu tous ses principes. Là, maintenant, tout de suite, alors qu'elle est en plein ménage, l'idée de rentrer avec un inconnu ne la séduit pas. Mais elle se connait depuis toutes ces années de célibat libertaire : dans l'excitation de la soirée elle trouvera toutes les excuses pour se pardonner son comportement léger.
Mais en même temps, s'épiler, c'est une sacrée présomption sur l'avenir. Quand ça marche, on se sent très fière d'exhiber un corps impeccable. Mais quand ca ne marche pas, tout ce qu'on a gagné c'est que les poils ressortiront encore plus épais et plus noirs. Comme des nuages menaçant après un violent orage.
Ca lui est déjà arrivé à ma copine de rentrer chez elle, épilée jusqu'au dernier poil... mais toute seule. Elle s'était sentie vraiment très bête quand elle a défait son lit, qu'elle avait soigneusement bordé "au cas où". Bête d'y avoir cru. Bête d'y avoir pensé. Bête de ne pas avoir réussi.
Il n'y avait pas un seul de ses poils pour lui tenir chaud dans cette longue nuit solitaire. Pire, pendant une semaine, sa peau imberbe continuait à trahir la naïveté qui lui avait fait croire que ce soir, ce serait le bon. A chacune de leur apparition, les petits poils semblaient se moquer d'elle. Elle les entendait la narguer: "t'y as cru!" "mais quelle prétentieuse!"...."il était bien lui pourtant, et t'as même pas osé lui parler!"

Du coup, aujourd'hui, elle ne sait pas quoi faire. L'idéal serait de pouvoir emmener un petit rasoir de poche dans son sac à main, et si l'occasion se présente, hop! Mais, dans le feu de l'action, c'est quand même pas très glamour : "Dis t'as pas de la mousse à raser chez toi? Sinon ca me fait des allergies et ça me gratte toute la nuit!"...
Mais si ce soir, c'est le bon? Si elle rencontre l'homme de sa vie, ou le meilleur homme de sa nuit? Elle croit qu'elle va s'épiler tout compte fait, juste parce qu'en ce moment, elle a envie de mener une vie avec des "SI". C'est bien plus drôle qu'avec des "de toute façon".

mardi 17 juin 2008

Underground boy

J’ai une copine qui aime bien regarder les gens dans le métro. Des fois, elle baisse le son de ses écouteurs, pour écouter des conversations en douce. Elle ne peut pas s’empêcher de lire le journal de son voisin parce qu’il a l’air finalement beaucoup mieux que le sien. Elle aime bien aiguiser son esprit critique en jetant un œil sur des chaussures trop sales ou des cheveux trop gras. Et plus que tout, dans le métro, ma copine ce qu’elle préfère, c’est mater…

A chaque quai, elle fait défiler ses yeux pour voir qui va rentrer dans sa rame et faire qu’un joli minois fasse passer son ennuyeux trajet un peu plus vite. Et puis un jour, son vœu a été exhaussé. 1m90. Les yeux clairs. Le teint mat. Très mat… Décontracté. Sportif. Un peu transpirant, il sortait visiblement de son entraînement de basket. Elle s’est dit qu’elle allait continuer jusqu’au bout de la ligne, et tant pis si elle l’emmenait aux tréfonds du 93.

Lui restait ostensiblement debout devant elle. Et elle, assise bêtement sur son strapontin dégueulasse, les mains sur les genoux, elle avait fermement décidé de lui faire comprendre ses intentions. Alors, ils se sont regardés. Il a soutenu son regard et elle lui a envoyé ses yeux. Et innocemment, il s’est assis sur le siège en face d’elle. Il a commencé à remonter les pans de son short. C’est vrai qu’il faisait chaud dans ce satané métro... Et il voulait sans doute être plus confortablement assis. L’entraînement avait du l’épuiser… Mais il insistait vraiment et continuait à tripatouiller là où sa mère avait du lui dire de ne jamais aller en public. Et là elle a compris ce qu’il cherchait dans les entrailles de son short de basket… Un short décidément trop large pour être honnête.

Du coup, ma copine, elle ne savait plus du tout où poser ses yeux. Ils étaient happés par cette ombre pendante, et cherchaient l’ultime conviction qu’ils faisaient une erreur. Il avait l’air tellement normal ce garçon, et le voilà qui regarde par la fenêtre pendant que sa bite se balance au bord d’un strapontin, décidément dégueulasse. Ma copine était très gênée, elle a détourné les yeux, prétendant que non… elle n’avait jamais regardé ce mec. D’ailleurs, elle n’avait rien vu du tout.

Et puis, les stations ont défilé et il a continué son petit jeu. Après quelques rougeurs, ma copine s’est dit que ce n’était pas elle qui devait être la plus gênée des deux, et a décidé de rentrer dans son petit jeu vicieux. Alors elle a fait l’aller-retour entre ses yeux et son short relevé, et lorsque le jeune homme a croisé son regard, elle n’a pas pu s’empêcher un petit sourire moqueur… accompagné d’un geste discret qui fait toujours mal : elle évaluait la longueur de la chose : 5, 6 cm ? Et comme un automatisme, c’est effectivement redescendu à 6 cm. Il a serré les cuisses et rabaissé les pans de son short. Elle a sourit, elle était arrivée. Finalement, elle n’est pas allée au bout de la ligne.

mardi 20 mai 2008

Pourquoi le printemps ?


J’ai une copine qui n’aime pas les jardinières. Et voilà le printemps qui arrive sur la grande ville. Les jardinières fleurissent comme les minijupes, pour le plaisir des yeux. Partageant un grand appartement avec ma dame de 65ans, aussi ma copine ne fut-elle pas étonnée de trouver, un beau matin, des beaux géraniums sur le balcon du salon. Normal pour une dame qui se respecte, elle et son 120 m². Voilà d’où proviennent les jardinières. Une dame, une petite abeille et hop là. Ou du moins voilà ce qu’elle croyait.

Ma copine : « Sinon t’as fait quoi ce weekend ?
- une jardinière.
- … »
Et Vlan ! De la même manière qu’on apprend que le lapin de pâques, autre bestiau de printemps, n’existe pas, on apprend aussi que les jeunes couples parfaits de 25 ans, qui vivent dans leur petit nid d’appartement parfait, passent leur weekend parfaits, à parfaire des jardinières. Le bestiau incriminé ? l’X avec un grand x.
« ben quoi, elle est trop bien ma jardinière.
- …
- Et toi t’as fait quoi ce weekend ?
- Rien. De la merde, enfin, du terreau pour parler ta nouvelle langue.
- Ah c’est bien, rien faire, aussi…
- … "
Et là ma copine, elle les a imaginés, les deux lapins de pâques, à se frotter les pattes dans le même petit sac de terreau, en se regardant dans le blanc des yeux en attendant de pouvoir regarder pousser sur leurs futurs géraniums hideux. Ma copine, un jour, elle a tué un cactus.
Alors désolée mister constant gardener, ma copine adorerait pouvoir te jeter des fleurs, mais non, elle ne se sent pas la main très verte ce printemps.

dimanche 18 mai 2008

Réponse à un anonyme


On a des copines qui ont envie de dire ce qu'elles pensent des commentaires, laissés par un courageux anonyme sur leur blog. Au début, elles avouent, elles ont eu envie de les supprimer. Se faire traiter de salopes c'est jamais très marrant, surtout chez soi. Et puis, en les lisant un par un, ça les a fait rire, parce qu'elles se sont dit que ce jeune homme n'avait rien compris. Elles se sont même demandé ce qu'il foutait là, ce lecteur perdu sur leurs pages. Elles se sont dit qu'il avait du tomber là par hasard, en cherchant un site porno sur google. Pour un valeureux défenseur de la cause des femmes, ça le fout mal. Et puisqu'il s'est quand même forcé à lire tous les posts de ce blog, malgré toutes les choses "immondes et débiles" qu'il peut renfermer, elles se sont demandé si ça l'avait pas fait bander de lire tout ça. De pouvoir pénétrer dans la psychologie féminine, autrement que par des hypocrites confidences sur l'oreiller de sa petite amie si parfaite. 

Alors, courageux anonyme, si quelqu'un doit te répondre, c'est bien notre copine. 
Oui, notre copine aime le cul. Et ce n'est pas pour ça qu'elle se considère comme "un trou", comme tu le dis si gracieusement. Oui, elle aime les hommes d'un soir, et ce n'est pas pour ça qu'elle les considère comme des "bâtons". Et laisse moi te dire, cher anonyme, qu'aimer le cul, vulgairement, ou bien pourrait-on dire tout simplement, le plaisir, ce n'est pas renier le combat de nos grand-mère. C'est l'honorer. Oui, les femmes ont le droit de jouir et d'aimer ça. Désolée pour toi. 
Elle pense que son cerveau va très bien, elle t'en remercie. Quant à son combat contre la faim dans le monde et contre les guerres civiles, elle attend toujours que Miss Monde vienne sauver la planète. Et elle te demandera de ne plus l'attaquer sur ce sujet, parce qu'au fond... ben tu ne la connais pas notre copine. 
Son coeur aussi va très bien. Figure-toi que plus que le cul, elle aime l'amour. Mais c'est beaucoup moins marrant et ses histoires de coeur n'auraient pas tant de succès. Parce qu'on les connaît trop bien. Elle aussi elle les connaît trop bien, ses histoires de coeur pour pouvoir les raconter sur la toile. 
Elle aimerait connaître ta vie, jeune homme si courageux, et savoir ce qu'est la perfection intellectuelle et sentimentale que tu nous vantes tant, pour ne jamais l'atteindre et devenir un jour aussi rabat-joie que tu peux l'être. 
Elle sait, que dans le fond, ça a du t'exciter de lire tout ça. Que tu as du te dire, merde, moi aussi je suis "un bâton", dans ce monde de "trous" et de "bâtons". 
Assume ton bâton mon ami, aussi petit qu'il doit être pour être aussi frustré, et la vie te paraîtra plus légère. 

jeudi 15 mai 2008

Douce nature...

 J'ai une copine qui s'est fait draguer par un héron. Elle se promenait dans un parc, une légère brise dans les cheveux. Puis quand elle a vu ce joli petit ruisseau, cette herbe vert parsemée de pâquerettes, elle a décidé de s'asseoir et de profiter du printemps. Immobile, assise en tailleur, elle réfléchissait sur sa vie. C'est con, le renouveau du printemps, ça fait toujours ça. Elle se disait que son mec lui manquait, qu'elle aurait adoré partager ce moment avec lui. Elle essayait de ne pas voir tous ces couples bras-dessus bras-dessous, qui avait l'air, ma foi, bien heureux sous le soleil du printemps.

Et puis, elle a levé les yeux. Et sur l'autre rive, elle aperçut un héron. C'est beau un héron, c'est majestueux. Il accepte la solitude le héron, on dirait même que la seule chose qui lui importe c'est de becqueter un poisson. Qu'il ne peut vivre que d'eau fraîche". Mais pas au printemps.
Il a relevé une aile. Ma copine s'est dit qu'il s'aérait les aisselles. Qu'il faisait chaud. Puis, il a relevé l'autre. D'un geste solennel. Mais quand elle a vu qu'il faisait de drôles de mouvements de gorge, et qu'elle a perçu quelques roucoulements, elle comprit : le héron ne vit pas que d'eau fraîche. Lui aussi, il a besoin de cul. Et ma copine, en train de philosopher naïvement sur sa vie était sa proie. 

Au début, elle trouvait ça plutôt marrant. Cette pauvre bête ne devait vraiment rien avoir à se mettre sous le bec pour faire la courre à un humain. Elle se disait que dans le monde des hérons, il devait être un gros looser qui saute sur tout ce qui bouge. 
Et puis, elle a regardé plus en détail. Au coeur son plumage noir et argenté, elle a distingué un petit bâton rouge. Petit... tout rouge... Oui le héron bandait. Il était en train de lui dévoiler impudiquement son érection, comme ça, en plein jour, à la vue de tous. Elle a détesté ce héron exhibi. Elle l'a trouvé dégueulasse et plus du tout majestueux. Surtout quand un de ces couples niaiseux est passé derrière elle, morts de rire... et qu'ils ont décidé de prendre la scène en photo. 
Ma copine, elle ne s'était jamais sentie aussi seule au beau milieu des pâquerettes.   

mardi 15 janvier 2008

Trop vieille pour les jeunes, trop jeune pour les vieux


J’ai une copine qui a l’impression d’être née entre deux générations.

Pourtant elle a tout pile l’âge officiel et démographique du concept générationnel : 25 ans. Sauf que depuis presque une décennie, elle a l’impression de ne jamais rencontrer ses pairs millésimés 1983. Bien sûr il y a ses copines des petites classes, qu’elle a la chance d’avoir toujours à ses côtés. Comme elles sont entrées au CP en même temps, elles ont le même âge. Mais en dehors de l’école primaire de son village, où se cachent tous ces jeunes gens qui vont fêter leur quart de siècle cette année ? Elle en rencontre pourtant plein, des gens, ma copine. D’un premier coup d’œil elle tente de soupeser le passé de ses interlocuteurs en nombre d’années. Et puis les masques tombent : « quand j’ai passé le bac il y a deux ans… », « je suis en fac de socio… 1ère année, pourquoi ? », « ma grande sœur, qui a 21 ans… »… Ma copine a la fâcheuse tendance à s’aguicher de jeunes hommes. Très jeunes, trop jeunes. On dit que l’amour n’a pas d’âge ? Elle commence à penser que l’amour qui marche, si. Et il ne peut pas être plus jeune qu’elle. Récemment la roue du temps a tourné. Presque la trentaine. Un homme, un vrai ! Avec des diplômes en poche, un appartement à lui avec grille-pain, four, plantes vertes et machine à laver. Et des fiches de paie qui dépassent le montant des indemnités forfaitaires de stagiaire. Elle s’est laissée choir avec volupté dans ces grands bras protecteurs. Sans rien connaître de son passé, elle s’est quand même dit que l’expérience a du bon. Il avait l’air de savoir. Savoir faire, savoir dire. Jusqu’au soir où l’expérience a trop parlé : « hey bichette, toi à trente ans, tu seras au top, tu sais ! » Décidément, même à trente ans on y connaît toujours rien.

samedi 29 décembre 2007

Mythomania


J'ai une copine qui a raconté plein de mythos à un mec en boite. Ça l'a toujours fait marrer de s'inventer des vies entre deux boules à facettes. C'est comme chez le coiffeur. Qu'est ce qu'elle en a à taper cette nana avec une paire de ciseaux dans les mains qu'on soit étudiant, qu'on habite chez nos parents ou ce qu'on peut faire de nos vies? Elle fait juste semblant d'être aimable pour qu'on revienne se faire couper les cheveux chez elle. Une demi-heure plus tard, ou deux heures si on fait des mèches et qu'elle est pas trop mauvaise, un autre client sera assis à notre place, et elle recommencera son interrogatoire en pensant à ce qu'elle va se faire à manger le soir. Alors pourquoi lui déblatérer toute notre intimité? Le coiffeur, c'est l'unique occasion de pouvoir changer de vie pendant deux heures de temps.

Ben pour les mecs en boîte, c'est pareil. Pas besoin de savoir s'il a fait Bac+4 ou -2 pour lui rouler trois pelles sur le dance floor. D'ailleurs, ma copine, elle ne pose jamais de question, de peur qu'ils lui répondent -4. C'est ce qui s'appelle "faire la politique de l'autruche" et, par expérience, elle sait que dans 90% des cas, ça vaut mieux. Quand ils sont trop curieux, elle se met à imaginer une vie super palpitante, qu'elle n'est pas Française mais qu'elle a perdu son accent à force de longues de travail, ou alors qu'elle fait un métier trop impressionnant comme "présentatrice télé" ou "chirurgienne". C'est ce qu'elle a fait avec ce mec. Mais le problème c'est que le jeune homme avait Bac+6, et qu'il s'est révélé être très sympa, très drôle et très beau, qu'ils se sont revus, et que c'est devenu... son mec...

Et maintenant, ma copine ne sait plus ce qu'elle lui a raconté de vrai, de faux, ce qu'elle a inventé ou ce qu'il sait déjà. Alors, elle ne dit rien sur sa vie et retourne toutes les questions. Quand il lui demande, sur l'oreiller, de raconter son enfance, elle embraye sur une autre question : "ah oui, d'ailleurs, où est-ce que tu as grandi toi?" Des fois, elle esquive des trucs au hasard et très vagues, comme "hier j'étais chez mes parents". Et au moment où il fait des yeux tout ronds, elle comprend qu'elle a dit une connerie. Mais il est déjà trop tard. "Ah bon, ils venus te voir en France pour Noël???" ("merde...trouve un tuc trouve un truc...ou avoue, c'est le moment...") Mais évidement, pour rattraper le coup, elle réinvente, et c'est reparti : "oh ben tu sais...ils ont déménagé...y'a quelque temps...."
- Ah oui? Et ils se plaisent en France? C'est pas trop dur le décalage?
- Oh oui, enfin... euh...non ça va. Et les tiens? Ca va? Parle moi donc de ta mère...je suis sûre que c'est une femme exceptionnelle...
Le pire, ce n'est pas vraiment qu'elle se soit inventé une vie, mais c'est surtout que malgré la musique, le champagne, et le temps qui est écoulé... eh ben, il se souvient encore de chaque détail. Et bien sûr, mieux qu'elle.
Plus le temps passe, et moins elle sait quoi faire. Si elle lui avoue tout, elle va passer pour "une-fille-inintéressante-qui-n'a-pas-de-vie-en-fait, ou au pire pour une débile. Et puis, s'il a fait pareil? Et que dans ce moment déballage unique, il lui avoue que tout ce qu'elle croit être pure perfection n'est que mensonge éhonté? Qu'il n'a pas du tout Bac+6, que sa mère est en hopital psychiatrique, qu'il porte des fausses dents, et qu'il repique toutes ses blagues à Elie Semoun?
Elle préfère encore vivre une fausse vie d'autruche palpitante avec lui. Il sera temps plus tard de vider son sac...en même temps que ses sentiments.

Entre les deux...


J'ai une copine qui a trompé son mec. Pendant des années, son être s'était divisé en deux, autour d'une paroie très étanche qui sépare entre le sexe et les sentiments. D'ailleurs pour elle, baiser n'est pas tromper, c'est évident. Mais, là... il faut bien se résoudre à l'évidence... faire l'amour pendant huit heures, rire, regarder l'autre dans les yeux, ne pas pouvoir arrêter de sourire plusieurs heures après, lui envoyer un post-texto dans la même journée, attendre la réponse et se dire qu'on a trop envie de le revoir... C'est tromper.

Ma copine est dans une situation très compliquée. Son cerveau commence à chauffer sérieusement, sous les pressions de son coeur. Et la voilà qui se pose plein de questions, sur ce qui avant semblait si évident. Elle établit des listes, avec des colonnes. Celui qui la fait le plus rire, celui qui fait le plus de sacrifices pour elle, celui qui envoie son texto en premier dans la journée,... Et elle fait des remarques du genre "tiens, j'ai préféré le texto du premier... oh et puis, non, l'autre avait l'air plus sincère en fait". Elle se met même à penser en termes d'avenir, ce qui lui arrive très rarement en ce qui concerne les relations amoureuses. Celui qui ferait un meilleur mari, celui qu'elle préfèrerait présenter à son père, celui que son père préfèrerait, celui qui gagnera le plus d'argent plus tard... Bref, c'est un bordel monstre dans sa tête. Et puis, il y surtout une question qui la taraude : est-ce qu'elle réussira à regarder son mec dans les yeux la prochaine fois qu'ils se verront? et qu'est-ce qu'elle lui dira quand elle osera enfin répondre à ses coups de téléphone? Est-ce qu'elle peut vraiment vivre sans lui?

Non. Ah tiens... c'était surement la bonne question à se poser. Elle y voit plus clair d'un seul coup.

jeudi 27 décembre 2007

Silence, ça tourne


J’ai une copine qui se tourne des films.
Ces derniers temps c’est devenu sa spécialité. Il lui suffit de quelques minutes de libre à penser pour que la machine se mette en route. Tout y passe. Ce qu’elle préfère avant tout c’est imaginer ce qu’il pourrait se passer si… et s’il tombait amoureux ? Et s’il quittait sa copine ? Et si je l’appelais maintenant ? Et si c’était l’homme de ma vie, le père de mes enfants, ou mon premier divorce ? Dans les moments un peu plus mélancoliques, le scénario commence plutôt par « ce qu’il aurait pu se passer si… ». Et si on était toujours ensemble ? Et si j’avais fait médecine ? Et s’il n’était pas parti à l’étranger ? Et j’avais commencé à courir tous les jours depuis 6 mois ? Le battement d’aile d’un papillon qui provoque l’ouragan, ça ma copine elle y croit à fond. Sinon comment se tourner de bons films ? Du coup les sujets ne manquent jamais. Surtout pour sa vie sentimentale. Chaque petite pensée, chaque petit geste, chaque petite décision se retrouve pesée, sous-pesée, repesée, méditée, retournée, analysée, pourcentagisée, probabilisée et projetée par la machine à films. Ca peut prendre des heures. Des heures passées à imaginer ce qui ne se passera jamais. Parce que la vie surprend toujours et trouve le moyen de nous imposer LE scénario auquel on n’a pas du tout pensé. Tout ce temps gâché à rêver. C’est décidé, tout ce cinéma c’est terminé. Sur Mi-Mi, c’est un roman que ma copine va s’inventer.

mardi 18 décembre 2007

tu fé koi 2m1?


J'ai une copine qui joue les conseillères. En digne représentante de la génération texto, elle a forgé une connaissance aiguë de la significations des points, des virgules, des points de suspension (très important les points de suspension...) des sous-entendus, des mots jolis, des blagounettes, de tous les secrets de ces douze touches qui nous rendent irrésistibles. Avec ses copines, elles s'échangent leurs conseils et leurs goûts (le texto salace, le texto class, le texto ringard, abrégé ou non...) Elles jugent, valident et appuient de concert sur "envoi" après une mûre réflexion commune.

Mais ce soir, c'est un pote qui lui a demandé conseil. Un homme. Un individu avec un sexe, ceux dont on pense qu'ils écrivent des textos comme ils se nettoient les pieds, sans même faire l'effort de regarder où ils mettent les mains. Eh bien, ce soir ma copine a réalisé que les hommes se posent les mêmes questions existentielles que ses copines. Son ami ne savait pas quoi écrire à sa nouvelle conquête. Une fille "qui lui plaît bien", avait-il avoué avec un petit sourire.
D'abord, le temps. Deux jours...trop long? Pas assez? "Ça fait déjà boulet d'envoyer un texto au bout de deux jours? Ou j'ai déjà grillé ma chance?"
- Je sais pas moi... répond-elle un peu surprise (ça réfléchit aussi comme ça un mec?). Écoute, si t'as envie de la revoir, envoie-lui un texto.
Bon, d'accord, il l'enverra ce soir, c'est décidé. "Mais maintenant, il reste à savoir ce que je lui propose... Un verre, classique ou la petite crêperie qui fait plaisir?"
Ma copine n'en a aucune idée. D'habitude elle défend plutôt la thèse non-partagée par ses amies du texto bien sale, bien cash. Ou la thèse du "un texto simple, efficace, sans fioriture inutile, genre : on se revoit quand?" Demain et c'est fait. Il répond pas et on a pas perdu notre honneur.
Mais, lui veut mettre de l'humour "parce que ça a toujours marché comme ça avec les filles". Alors, vas-y donc pour l'humour. C'est vrai que c'est toujours mieux. "Et puis, il faut que je lui pose une question aussi, sinon elle répondra pas." Ma copine est très impressionnée par autant de réflexion masculine.

Les yeux rivés sur l'écran depuis 10 bonnes minutes, vient enfin le moment fatidique du "comment finir?" Bisous? Bises? Biz? Bizzzzz? Bizoux? Bizouxxx? Je t'embrasse? T'embrass? Ciao? A +? Il optera pour la version sans signature. Ca c'est encore possible puisqu'il met son prénom. Il faudra trouver pour le prochain.
Une fois qu'il eût fini, il a validé avec un petite moue. "Elle doit dormir de toute façon" se rassure-t-il.
Et conclut : "Ce texto est poli comme un travail d'orfèvre." Puis il s'en va.
Ma copine en est encore bouche-bée. Juste avant, elle avait reçu un texto de son mec dans lequel il lui disait qu'il regardait le foot et qu'il l'appellerait plutôt demain. Dans un élan de délicatesse, il avait rajouté : Bonne nuit...

Lui, ne doit pas se poser beaucoup de questions existentielles...

vendredi 30 novembre 2007

Secret Santa


J’ai une copine à qui sa grand-mère a offert, Noël dernier, un livre de « Prières pour un Mariage Réussi ».
C’était exactement le titre du petit livret. Sur le coup de la surprise, ma copine n’a pas su si elle devait rire ou pleurer. Elle a dit « merci Mamie mais tu sais faut pas s’inquiéter hein ». En plus, elle n’était même pas vraiment célibataire à Noël dernier. Elle était sur un coup avec un garçon tout fraîchement rencontré, « coup » qui s’est finalement transformé en relation durable de 4 mois et demi. Pas mal hein. Mais ça, ma copine ne peut pas trop le raconter à sa mamie, même pour la rassurer. Elle s’est vite débarrassée du livret, en se disant que ça ne présageait rien de bon.
Une année est passée. Noël approche. Ma copine vient de rompre avec son petit ami (5 mois, un record, dis donc). Dans un mois elle aura 25 ans. Et même si elle est une grande fille maintenant, cette année, elle a très peur de ce que le Père Noël peut lui apporter.

mardi 27 novembre 2007

Vibromaqueur


J’ai une copine qui se dit qu’un vibromasseur, c’est vachement mieux qu’un mec. C’est sa tante qui lui avait dit ça un jour avec un sérieux qui détonait avec le sujet du propos. Elle avait lancé ça, dans la file d’attente du cinéma, et tous les gens les avaient regardées l’air moqueur. Ma copine avait eu trop honte. Elle s’était dit que le jour où elle penserait ça, elle serait devenue une vieille fille aigrie, abîmée par les hommes et par la vie. D’ailleurs elle excusait sa tante car ni les hommes ni la vie ne l’avait pas vraiment épargnée, et dans le fond elle lui faisait un peu de peine. La veille, ma copine était avec son mec, elle n’avait jamais utilisé de vibromasseur, elle ne savait même pas l’effet que pouvait faire. Elle avait 19 ans, elle était toute naïve, et très heureuse.
Puis, les années ont passé. Les hommes et la vie aussi. Pas plus tard qu’hier elle lisait dans Glamour que la recherche orgasmique à tout prix conduisait fatalement à la solitude. Qu’il valait mieux un homme bien au chaud plutôt qu’un orgasme.
Ce soir, elle réfléchit sérieusement à la question et elle se remémore tout l’argumentaire de sa vieille tante frustrée. Et si elle avait eu raison après tout ? « Un vibro, ça coûte moins cher qu’un homme et ça fait plus d’effet »
Aujourd’hui, ma copine elle en a plein d’autres des arguments et pas des moindres. Le vibro il s’en tape qu’il lui reste des poils sur les mollets et entre les cuisses. Il sait, lui, que l’épilation n’est pas une apparition magique. Un vibro n’a besoin que de piles pour reprendre des forces. Elle peut l’éteindre et l’allumer quand elle veut. Il la comprend quand elle lui dit qu’elle a mal à la tête ou qu’elle veut dormir et il n’insiste pas. Quand elle l’utilise, elle est sûre d’arriver à ses fins. Et de rester propre. Elle sait que le lendemain, elle n’aura pas à courir à la pharmacie, que dans trois mois, elle n’aura pas besoin d’aller se faire tester tout ça parce qu’il ne sait pas comment enfiler une capote. Un vibro ça ne parle pas. Il ne l’injurie pas dans l’action pour s’exciter ou il ne te dit pas qu’il l’aime en pensant que ça va l’exciter. Il ne lui demande pas de se torde dans tous les sens, de sortir de la couette, de s’allonger sur une table glaciale, ou de faire des efforts quand elle a mal aux genoux. Avec un vibro, elle est la reine, et lui, il est entièrement disposé à ses plaisirs et à ses désirs. Il ne se dit pas qu’elle a de la cellulite sur les cuisses, et d’ailleurs il ne sait même pas ce que c’est une cuisse. Il ne racontera rien à ses potes. Il aime le sexe pour le sexe, il l’assume et il ne la rappellera pas le lendemain, c’est sûr. Il ne la prendra jamais pour une salope de l’avoir oublié un temps et le ressortir quand elle a envie.
La vie ne lui encore pas donné de cheveux blancs et ma copine est déjà devenue une femme frustrée. Avec quarante ans d’avance...

dimanche 25 novembre 2007

La fidélité

J'ai une copine qui se sent un peu comme Miossec en ce moment. Allez, ça fait toujours du bien. Et ça rassurera les sondés de Mi-putes mi-soumises d'entendre un poète mettre des mots sur ce qu'ilss ressentent confusément.

vendredi 23 novembre 2007

Un vendredi soir sur la terre

J'ai une copine qui se demande ce qui est le mieux : finir vieille fille...ou divorcée. Le regard tourné vers les Invalides, dos à la Tour Eiffel, elle fumait sa clope post quiche au thon avec une pote. Leur estomac lesté de bières et de vin rouge du Franprix, elles étaient parties dans de grandes considérations sur leur destinée. Elles se disaient que, franchement, divorcée c'est la loose. On reste avec la culpabilité d'avoir rompu notre serment à ce bon vieux curé qui avait marié nos parents 40 ans auparavant...ou des regrets d'avoir peut-être laché l'homme parfait. Et dans le pire des cas, on se retrouve avec des chiards un week end sur deux, sans oublier leur cours de piscine, ou de les emmener au handball. Et puis, il y a la purée faite maison, qu'il faut emballer le dimanche soir dans le tupperware de la nouvelle pétasse de leur père...Nous aussi à 25 ans on faisait du 38 et du 90C.
Au moins, vieille fille, on est tranquilles. Pas de gosses, pas de remords, pas d'uterus dilaté. Mais on se couche toujours avec la peur de voir nos orteils bouffés par les rats sans que personne nous entende hurler notre douleur. Pire, que ce soit notre propre chat qui finisse les restes de la quiche au thon qu'on devait ramener à maman, la tetraplégique de l'hospice du coin.

Elles se sont regardées. Le chat grattait à la porte vitrée pour aller pisser dans sa litière sur le balcon. Dans le salon, Marc Lavoine chantait "Elle a les yeux revolver" sur Chérie FM. Ma copine a hésité entre la balade digestive sur le champs de Mars, ou la verveine tilleul. C'est bon aussi pour faire passer quiche au thon. Sagement, elles ont opté pour le vin rouge.

C'était un vendredi soir dans le 7ème. La jeunesse parisienne en était déjà à son troisième Gin Fizz. Pas de doute...elles finiront vieilles filles.

jeudi 22 novembre 2007

Être top, c'est pas le top

J'ai une copine qui regarde Top Model, une émission de télé-réalité. Plutôt que d'y trier de manière très classique entre des apprentis chanteurs, on y trie les apprenties mannequins. On leur apprend à marcher sur des talons et à défiler dans des robes de soie.
On s'emploie aussi à les humilier. Parfois, c'est drôle, parce qu'en tant que prolétarienne de la condition féminine, ma copine se réjouit avec cynisme de voir ces filles anônner péniblement trois mots. L'une d'elle cite Descartes (on lui a demandé de parler philosophie, elle ne l'a pas fait spontanément. Il ne faut pas exagérer). Elle se concentre très très fort derrière son joli front. Ses jolis yeux se plissent un peu. "C'est pas lui qui a dit je... euh... donc je suis ? Enfin, je me rappelle pas très bien."
Elle a vingt ans, c'est vrai que la terminale, c'est très loin.
C'est nettement moins drôle quand on s'emploie à humilier lesdites demoiselles. On les fait poser dans des vêtements ridicules, dans des poses suggestives. Elles font leur boulot, jouent aux pétasses, entrouvrent une bouche bien maquillée sur des dents parfaites, penchent la tête sur l'épaule, jouent avec leurs cheveux tout en chevauchant un type déguisé en Père Noël. Ca n'a pas l'air passionnant comme taf.
Le Père Noël, lui, il doit se réjouir d'avoir obtenu un pareil boulot.
On les insulte.
On leur dit de maigrir. Même si (les concepteurs de l'émission sont capables de faire preuve du même cynisme que ma copine... surtout, ils ne veulent pas d'ennui avec le CSA en faisant la promotion de l'anorexie) on les invite au restaurant pour leur dire qu'il faut s'alimenter correctement.
Ecoeurée par tant de bêtise, ma copine, qui engouffrait des tartines de confiture devant sa télé, a cessé de se bâfrer. Les apprenties mannequins devraient regarder leur propre émission si elles désirent perdre du poids.

mercredi 21 novembre 2007

Merci Ogino

J'ai une copine qui a un petit ami depuis quelques mois maintenant. Entre eux, tout va pour le mieux. Mais, car il y a toujours un mais, il y a peu, il a agi avec elle d'une manière discutable. Il y a peu, ma copine avait ses régles. Et oui, pendant à peu près une semaine, pas de sexe. Non pas qu'elle trouve ça dégueulasse, ou lui non plus, mais bon, ce n'est pas le top de repeindre les draps en rouge. Et puis on a le temps non ?
Ses règles ont fini. Elle lui a communiqué "la bonne nouvelle". Enfin, enfin, ils allaient pouvoir faire l'amour. Super.
En ce moment, ma copine ne prend pas la pilule. Elle a oublié. Elle s'en fout. Ben oui. Lui ne veut pas mettre de préservatif. Il n'aime pas. Il n'arrive pas à bander. Elle ne voit pas pourquoi, du coup, elle devrait être la seule à prendre la responsabilité de la contraception. Quand on baise, on est deux (au moins).
Bref, les voilà arrivés à la fin de l'acte sexuel. Il ne s'est pas retiré à temps. Pourtant, c'était dans le contrat. Il s'explque, aimablement : "Vu que tu viens d'avoir tes règles, je me suis dit que tu avais peu de chances de tomber enceinte. C'est une question de cycle."
Ben oui, bien sûr, c'est évident ! Le cycle. Elle le connaît son cycle, merci, ça va. Elle sait aussi qu'elle a le droit de disposer de la périodicité de son "cycle" comme elle l'entend, elle. Et l'efficacité de la méthode Ogino, qui visait à limiter les naissances par une abstinence calculée en fonction de ce fameux "cycle" on est revenu dessus dans les années soixante non ? Elle le sait, sa mère est un résultat de cette fameuse méthode.