Pacte des mi-putes mi-soumises

Les mi-putes mi-soumises reconnaissent comme principe premier le féminisme post-moderne. Produit du féminisme tel que théorisé dans les années 60, le féminisme post-moderne se propose de le réformer. Car, la manière dont nous gérons nos relations avec les hommes le prouve : l'esprit d'indépendance qui devrait nous animer vis-à-vis des individus masculins n'est en aucun cas achevé. Et, si nous voulons être honnêtes, nous n'en avons aucune envie. C'est pourquoi nous proposons une philosophie radicalement différente. Nous sommes mi-putes, parce que nous l'assumons. Mi-soumises parce que nous le regrettons. Et vice versa. C'est triste, mais c'est comme ça. Alors.... autant en profiter. Vous êtes cordialement invitées à partager vos expériences de mi-putes mi-soumises avec nous. Soeurellement, Les mi-putes mi-soumises

mardi 1 mai 2007

Soirée parmi d'autres


J'ai une copine qui a perdu au "premier qui appelle a perdu". Il lui avait dit "je t'appelle aujourd'hui". Il lui avait même envoyé un message en ouvrant les yeux ce matin. Elle lui avait répondu qu'elle l'aimait aussi.
Et à 21h26, elle a craqué. Elle a perdu au jeu. Elle n'a pas pu s'en empêcher et il n'a pas décroché.
Mais il a envoyé un texto illico.
"Je suis dans un bar là. Je regarde le foot."

En silence


J'ai une copine qui est un peu folle. Et puis timide aussi. Elle passe un temps fou à mettre en scène, en silence, des conversations qu'elle aurait si seulement elle en avait l'audace. Ou le courage. A une collègue aigrie qui la rend si malheureuse, qui la fait douter, qui la déstabilise et que sa colère angoisse. A un homme, à qui elle ne dira jamais son amour, parce qu'il est inconcevable, parce que ce n'est pas joli, parce que ce n'est pas possible. A son amoureux, à qui elle n'avouera jamais ses pensées, à qui elle ne dira jamais à quel point il est essentiel dans sa vie. Elle se vide comme ça. Elle se soigne, en silence.
Un jour, peut-être, aves le temps, elle osera. Elle leur dira à tous ce qu'elle a sur le coeur. Pour le moment, seules sa salle de bains et sa chambre sont témoins de ces confidences. Et de son incapacité à s'exprimer. Et de son désespoir de ne jamais oser. Et de savoir que ça ne changera jamais. C'est triste, mais c'est comme ça.

Fallait pas



J'ai une copine qui a checké la boite mail de son mec. Le pire c'est que c'est dans ses prétendus principes de ne pas le faire.
"C'est un manque de respect de la vie privée de l'autre!" qu'elle s'exclame.
"L'amour c'est la somme de deux individualités, qui s'aiment justement parce qu'ils sont libres." qu'elle sermonne.
"De toute façon, quand on cherche, on trouve TOUJOURS quelque chose. Et on finit TOUJOURS tristes et déprimées." qu'elle philosophe.
Bla...bla...bla...

Mais, voilà. Les conseils, c'est toujours plus facile à dire...qu'à suivre. Encore pire à appliquer soi-même. Alors, elle l'a fait. C'était pas la première fois d'ailleurs. Il n'y avait qu'elle qui envoyait des courriers sur cette putain de boite mail, et à chaque fois qu'elle l'ouvrait, c'était la satisfaction intime de savoir qu'elle était la seule à partager ce petit espace cybernétique. A chaque fois, c'était le faux petit frisson, qui fait du bien, mais pas trop peur dans le fond.
Entrer le mot de passe. Cliquer sur Valider. Le petit frisson.

Le grand frisson. La boule dans la gorge. La putain de douleur qui fait mal dans la poitrine. Celle qu'on ne sait même plus comment ça fait avec le temps, et qui a chaque fois qui se pointe, on trouve le temps de se dire : "tiens, j'avais oublié comment ça fait mal".

Lina. Lina. Lina.

Encore une pute en "A". Pourquoi tous ses mecs se sentent obliger de la tromper avec des prénoms qui se terminent en "A"?

Elle lui fait un "biiiiiig hug". Connasse. C'est ce genre d'expressions qu'on n'arrive jamais à oublier.
Alors comme pour se faire plus mal encore, il faut qu'elle regarde sa réponse à lui. Connard, il a répondu.
C'est plutôt froid. Distant. Mais ils ont baisé. Ca se sent...même à 11000 kilomètres.

Et après? Elle le savait non? Il lui avait dit implicitement. Elle lui pardonnait.
Mais juste de voir que c'était réel... qu'elle ose même avoir un nom cette connasse. En "A" en plus.
Ca fait mal. Elle avait oublié comme ça fait mal.

Des mecs improbables


J'ai une copine qui ne tombe amoureuse que de mecs trop nazes. Du genre pas fréquentables. Des types malsains. Des connards qui ne partagent qu'une seule chose : leur mal-être, leur aigritude, leur déprime, leur rancoeur. Des mecs que le fait d'avoir été baisés par cette belle fille intelligente n'empêchera jamais de n'être rien d'autre que des gros cons mal-baisés et aigris. Ils ne sont même pas conscients de cette chance là.
Et elle leur trouve un de ces charme. "Ouais mais tu peux pas comprendre, il a souffert le pauvre". Et bah non ma vieille, je comprends pas. Tu crois que j'ai pas souffert moi? Tu crois que mes douleurs me créent de facto l'obligation de pourrir la vie de ceux qui m'aiment? Tu crois vraiment que ça leur donne le droit de te rendre malade, de te gâcher, de te détruire parce qu'ils ont souffert, ces tarés?
A ces questions, ma copine prendrait un air outrifié, s'allumerait une cigarette et tirerait nerveusement dessus.
Une précision, l'individu masculin appartenant à la catégorie "mec improbable" est toujours à l'origine de la séparation, douloureuse et tragique forcément... tant qu'à faire, pourquoi se priver? Le mec improbable a toujours recours à des excuses bidons et on le sait, mais ça nous fait tellement du bien de croire à ses "t'es trop bien pour moi, je ne te mérite pas", qu'on gobe allègrement le prétexte invoqué sans nous poser plus de questions.
En fait, ce que le mec improbable pense, c'est qu'on est trop prise de tête, que ça l'emmerde, et que ce dont il a besoin n'est pas d'une paire de seins et d'un vagin cérébré. Non, le mec improbable n'a pas besoin d'un cerveau. Il préfère se vautrer dans son mal-être, et vomir son aigritude dans un être qui n'en appellera jamais à sa conscience, non surtout pas, mais qui l'incitera plutôt à se complaire dans sa vie de naze dépressif. C'est ça qu'il aime le mec improbable.
Mais ma copine a un petit côté mère thérésa qui l'aiguille invariablement vers de tels spécimens. Elle en chie... Et elle n'a pas fini d'avoir mal. C'est triste, mais c'est comme ça.

Pourquoi jouer avec le feu?


J'ai une copine qui ne peut pas s'en empêcher. A chaque fois que tout va bien dans sa vie, elle veut tout gâcher. C'est comme si elle s'interdisait d'être heureuse. Elle aime un être pratiquemment parfait qui l'aime en retour, comprend la moindre de ses sautes d'humeur et la respecte.
Le pied me direz-vous. Oui mais non. Ce serait trop simple, trop beau. Elle a un petit soucis. Pour les autres, cette fille là est juste une nympho, une pauvre pute ou encore une salope, une sale conne qui n'aime que plaire.
Mais ce n'est pas si simple.
Elle est un peu compliquée cette copine. On ne dirait pas mais elle n'a pas confiance en elle. Elle se trouve nulle. Nulle en comparaison avec la matière cérébrale de ses congénères, nulle par rapport à toutes les filles qu'elle trouve si belles, nulle par rapport aux gens qu'elle respecte. Alors dès qu'un être qu'elle admire un tout petit peu s'intéresse à sa petite tête ou à son décolleté, elle y va. Elle fonce. Sans réfléchir. En culpabilisant un peu quand même, histoire de ne même pas vraiment en profiter. Histoire de tout gâcher une nouvelle fois. Elle ne peut vraiment pas s'en empêcher. Alors elle souffre de faire souffrir le seul être qu'elle aime. Et elle souffre de ne pas pouvoir aimer tous les autres, ceux qui lui apprennent à s'aimer un peu. Elle passe sa vie à jouer avec le feu et à se brûler. C'est triste, mais c'est comme ça.

On n'est pas monoandres


J'ai une copine qui m'a dit, un jour, "mais putain, ils sont tous polygames ces connards ou quoi?". Et je lui ai répondu : "parce qu'on n'est pas polyandres nous peut-être?". Un jeune homme qui se trouvait non loin de là a semblé totalement d'accord avec moi. "Et mademouaselle mademouaselle, vas-y, viens mademouaselle".

C'est pas exactement ce que je voulais dire. Je ne veux pas baiser avec toi jeune homme. On ne partage pas notre joli corps avec tous les représentants de la gente masculine de cette terre. Non. Mais je doute fort que notre petit coeur n'ai été programmé que pour aimer un seul et unique être humain. Il y a plein de place là dedans. On peut aimer plusieurs personnes. Un peu, beaucoup, passionnément... et puis différemment surtout.

C'est pas très joli et c'est pas ce que nos mamans nous ont fait croire en nous lisant "La belle au bois dormant" et ces autres conneries d'histoires de petites princesses et de princes charmants. Dans la vraie vie, on ne flashe pas que sur un seul prince charmant qui, en retour, tombe raide d'amour pour nous. "Ils se marièrent, eurent beaucoup d'enfants et vécurent très heureux", quand ça arrive, ça vient rarement du premier coup. Dans la vraie vie, avant de rencontrer un prince potable, les princesses tombent sur des gros nazes, elles apprennent à les repérer et à les fuir, ou à vivre avec quand elles adorent les gros nazes (c'est un peu con mais ça arrive, d'ailleurs, j'ai une copine qui ne tombe amoureuse que de nazes, mais je garde ça pour une prochaine fois).

Et puis quand on pense avoir trouvé le bon potentiel prince charmant, parfois, dans un coin de vie, on rencontre un joli crapaud et on se met à douter... Serait-ce lui, le vrai prince charmant? L'autre, le potentiel, serait-ce une arnaque?
Alors là, c'est amoral, mais je préconsie une recette : testez! Parce qu'après le test ultime, on sait, on a la certitude, la vraie, la seule. Au pire, on a quand même passé un bon moment, au mieux, on s'est économisé un mariage et un divorce. Ca vaut le coup, non?

Et puis il y le cas où on a trouvé le vrai prince charmant. Le seul, l'unique. Mais parfois, même si on sait que c'est le bon, il arrive que ce ne soit pas l'extase totale avec le prince en question. Et là, on peut s'amouracher d'un crapaud. On peut même l'aimer vraiment mais savoir que ce n'est pas avec lui qu'on vivra heureuse, longtemps, et avec qui on aura plein d'enfants ingrats et chiants. Et des jolis crapauds, quand on creuse dans les vies et dans les secrets, on en rencontre tout plein.

Alors, chère copine, toi qui te plaint de la polygamie des hommes, et bien je t'annonce solennellement que nous ne somme pas monoandres. C'est triste, mais c'est comme ça.

vendredi 30 mars 2007

Nuit pathétique


J'ai une copine qui est en train d'attendre un mec. Chez elle, au chaud. Tant mieux me direz vous. Mais le problème, c'est que c'est pas SON mec. Elle dirait même mieux, elle en a un peu rien à foutre de CE mec. Alors pourquoi?

C'est ce qu'elle se demande en ce moment.
Signe de faiblesse typiquement féminin? ou besoin d'une présence extrêmement masculine. Allez savoir. Toute la complexité féministe dont nous sommes toutes victimes.
Fidélité, douce infidélité, jusqu'où vas nous porter? Après de nombreuses discussion avec ses amies, elle en a conclu qu'elle n'était pas vraiment infidèle. Pour certaines, l'infidélité de leur copain peut se réduire à la simple pensée d'avoir envie d'une d'autre. Naïveté! le jour où les femmes auront compris qu'elles ne pourront jamais empêcher leur mec de bander, elles vivront en paix. Pour d'autres, embrasser n'est pas tromper. Certes. Pour d'autres encore, qui l'assument mieux, elles pensent que "baiser" n'est pas tromper. D'autres, très libertines, sans doute, se disent que même "faire l'amour" n'est pas tromper. C'est un simple jeu puisqu'elles savent où sont leurs sentiments.
Et qu'elles les retrouveront, intacts, le lendemain matin.

Alors, elle se prépare avant qu'il n'arrive, se disant que le lendemain, elle trouverait bien une nouvelle définition de l'infidélité qui la déculpabilisera. Et elle attend ce mec qui n'est pas le sien. Et qui, d'ailleurs se foutra bien de sa gueule trois jours plus tard. Et même qu'elle pleurera. Parce qu'il n'a pas compris que tromper n'est pas être une pute. Juste un peu, alors. A moitié. Et que l'autre moitié a juste besoin d'amour. Mais me direz-vous, elle l'avait un peu cherché, non?
C'est que vous n'avez pas compris non plus alors.